fbpx

Accompagner l’innovation : La réussite entrepreneuriale O’SOL

Lauréate 2016 du concours de la Fondation UCA « Création et Reprise d’entreprises », O’Sol, la startup cannoise qui déploie une solution innovante d’énergie mobile, est aujourd’hui lauréate du prix de l’économie circulaire décerné par Nice-Matin. Maxime Cousin, Idriss Sisaïd et Enrique Garcia Bourne, les trois fondateurs de la start-up, reviennent sur leur parcours entrepreneurial et leur collaboration avec la Fondation qui les accompagne depuis 2016.

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots, nous expliquer vos rôles respectifs au sein de O’Sol, votre rencontre peut-être aussi ?

Idriss : Je m’occupe de tout ce qui est technologie, du développement des produits. Je suis issu du milieu technologique, j’ai suivi une formation classique d’ingénieur Arts et Métiers Paris Tech avant de me spécialiser en systèmes spatiaux en Angleterre. L’aventure entrepreneuriale O’Sol a commencé avec le concours Actin Space organisé par le CNES (Centre national d’études spatiales), l’ESA (Agence Spatiale Européenne) autour des sciences, du spatial et du transfert de technologie. Le but était de constituer des équipes de 2 à 5 personnes et de résoudre en 24 heures un des défis proposés par les organisateurs portant sur l’utilisation de technologies du spatial dans la vie de tous les jours. L’Actin Space est l’événement fondateur de O’Sol.

Maxime : Je suis président CEO de O’Sol. Comme Idriss et Enrique, j’ai suivi un cursus ingénieur, Polytech à l’origine, puis international car j’ai poursuivi mes études en Australie et aux Pays-Bas. J’ai complété mon cursus par une formation business, un essentiel pour réussir dans le monde de l’entreprise. Tous les trois, nous avons choisi des formations complémentaires en business, management, gestion administrative afin de mieux cerner le fonctionnement d’une entreprise. Pendant ma formation à l’IAE de Nice, grâce au dispositif « étudiants entrepreneurs », nous avons pu monter notre entreprise tout en étudiant. Je m’occupe surtout des parties stratégie, business, développement et networking. En parallèle, je suis président de la French Tech Cannes, « Cannes Is Up » dont le but est de créer du lien entre les décideurs, les start-up, les entreprises et les politiques.

Enrique : J’ai fait toutes mes études en Angleterre, des études d’ingénieur orientées plutôt business et management dès la fin de mon Master. J’ai travaillé pour des entreprises londoniennes de conseils en stratégie, business, une expérience qui m’aide à gérer notre entreprise. Je suis responsable de toute la partie administrative, financière et stratégique. Nos parcours, nos personnalités respectives ont permis une définition logique et simple des rôles de chacun. Je gère la cohésion interne de l’équipe, notre organisation. Maxime est plutôt tourné vers l’extérieur, le travail avec les partenaires, la communication pendant qu’Idriss se concentre sur le produit, tout ce qui est technique.

O’Sol en résumé ?

Maxime : O’Sol est une start-up cannoise qui a pour vocation de favoriser l’accès de l’énergie en mobilité. L’énergie en mobilité, c’est une problématique pour tout le monde parce que c’est un besoin universel. La mobilité est la clef de la vie d’aujourd’hui, une vie qui est avant tout en mouvement. Au sein des entreprises, les collaborateurs doivent être en mesure de travailler dans n’importe quel endroit indépendamment des prises, de passer un appel en ayant la possibilité de s’isoler. Les médecins des ONG ont besoin d’énergie pour soigner où qu’ils soient. Comme nous sommes tous de plus en plus équipés d’électronique, nous avons besoin d’énergie en permanence. C’est avec cette vision là que nous avons développé l’entreprise.

Au départ, aux lendemains du tremblement de terre du Népal, il s’agissait pour nous de développer des générateurs solaires mobiles pour les ONG. C’est en se demandant comment nous pouvions simplifier le travail des ONG, leurs problèmes de logistique et d’accès à l’énergie que nous avons créé O’Sol. Mais nous avons fait une erreur entrepreneuriale. Nous sommes partis avec une idée humaniste et respectueuse de l’environnement mais sans nous poser deux questions cruciales : quel était le besoin de ce marché et surtout combien une ONG pouvait-elle ou voulait-elle payer pour cette solution-là ? Nous avons développé un système de déploiement pour créer des générateurs solaires qui finalement n’étaient peut-être pas tout de suite adaptés au marché des ONG. Travailler avec des ONG pour une start-up est très complexe, long, contraignant. Nous avons donc dû pivoter tout en valorisant deux brevets dans le spatial pour le déploiement de panneaux solaires et l’optimisation de toute la chaîne de l’énergie du satellite.

Puis, après avoir participé au CES Las Vegas, nous avons étendu notre réflexion à l’ensemble des marchés. Nous sortons un nouveau produit début 2021, un système de batteries en libre-service qui permettra aux gens mobiles, aux collaborateurs d’une entreprise par exemple, d’alimenter leurs ordinateurs ou d’autres équipements mobiles durant leurs déplacements ou mouvements. Nous abordons un marché potentiel très vaste. Aujourd’hui, les problématiques de l’énergie en mobilité sont encore plus criantes dans les entreprises, notamment dans les grands groupes qui doivent offrir des espaces de travail toujours plus flexibles, évolutifs et fonctionnels. Nous allons vers de nouvelles façons de travailler, de nouveaux modes de vie : le collaborateur moderne n’est plus collé à son bureau mais évolue au sein et en dehors de l’espace de travail en fonction de la tâche à effectuer. Une seule contrainte : l’accès à l’énergie. Ce nouveau produit a beaucoup de sens pour les groupes, pour les universités, les coworking, les hôtels de luxe, les centres de convention. Dans les amphithéâtres universitaires dotés de trois prises de courant, c’est compliqué d’alimenter 90 ordinateurs. Notre système permet de créer des espaces de travail qui n’existaient pas avant en un tour de main, de faciliter les mouvements des utilisateurs en entreprise, chez eux…

Mais vous avez conservé une vision humaniste, environnementale ?

Maxime : Nous avons réinvesti ces valeurs fondamentales dans ce produit en faisant en sorte de créer une économie circulaire. Toutes les cellules au lithium usagées pourront être récupérées et revalorisées soit pour un usage ONG, soit pour un usage urgentiste, soit pour un usage fixe stationnaire ou recyclé qui permettra au client de toujours avoir une capacité de fonctionnement maximale. Cela nous permet d’avoir une solution beaucoup moins chère via ces cellules récupérées, recyclées. L’idée est de favoriser un mieux-être, la qualité de vie grâce à l’énergie en mobilité, de toujours réintégrer cette vision humaniste et environnementale au sein de nos produits. Nous avons déjà signé avec de grands groupes et nous avons un bel écho dans la presse.

Et vous avez été lauréat d’un prix de mobilité dernièrement…

Maxime : Nous sommes lauréats du prix de l’économie circulaire remis conjointement par Nice-Matin et l’entreprise Pizzorno, une entreprise des métiers de l’environnement et de l’économie circulaire auprès des collectivités. Nous avons eu ce prix parce que nous avons cette volonté forte de créer des produits respectueux de l’environnement : éco-conception des produits, revalorisation et seconde vie des cellules au lithium. Dans l’économie circulaire, il y a toujours une dimension humaine et nous destinons la revalorisation de nos produits à une seconde utilisation par les ONG ou les urgentistes. Nous avons eu également la chance de réaliser une conférence TED il y a quelques mois sur la revalorisation des déchets électroniques : comment inventer de nouveaux business modèles autour de la revalorisation des déchets ? Toute l’image de marque O’Sol est centrée sur notre vision : favoriser le bien être avec l’énergie en mobilité, le faire dans le respect des conditions sociales et de l’environnement. Tout un équilibre que nous gardons en tête dans nos actions.

En 2016, vous avez été lauréat du concours de la Fondation UCA « Création/reprise d’entreprises », qu’est-ce que ça vous a apporté ?

Enrique : On peut dire que la Fondation nous a suivi tout au long de notre parcours. Ce concours, en tout début d’aventure, nous a donné un coup de pouce en termes de communication, de notoriété, de réseau, ce qui est essentiel au début d’une aventure entrepreneuriale. Bénéficier de conseils, pouvoir parler à d’autres créateurs et à des accompagnateurs : nous en avions vraiment besoin. La Fondation nous a donné cette validation indispensable. Nous étions étudiants encore et c’était important pour nous que la Fondation nous dise que nous étions sur la bonne voie, que nous avancions bien. La Fondation nous a ouvert des opportunités. Nous avons beaucoup discuté avec la Fondation : comment pouvions-nous apporter des solutions là où il y a un besoin ? Un accompagnement sur le long terme : c’est ce que ce concours nous a apporté.

Maxime : Les mentors que nous avons eus nous ont aussi beaucoup aidés, notamment ceux que nous avons rencontrés grâce à la Fondation, et aussi grâce aux incubateurs par lesquels nous avons eu la chance de passer : l’Agence Spatiale Européenne, l’incubateur PACA Est, l’accélérateur de MonacoTech. Tous nous ont permis, avec leurs spécificités propres, d’être mis face à des personnes qui nous ont challengés, confrontés à nos problématiques et à nos limitations aussi. Les gens qui nous ont accompagnés nous ont donné le meilleur apprentissage qui soit, nous ont fait gagner du temps. La grande valeur de la Fondation, c’est de nous mettre en lien avec des entreprises qui deviennent soit des mentors, soit des clients, ou qui peuvent nous apporter des réponses à certaines problématiques. Nous n’aurions jamais réussi à avancer si nous n’avions pas eu cela. Pour le coup, merci beaucoup à la Fondation. On continue à apprendre grâce à ces mentors qui nous entourent toujours et qui nous aident à avancer.

Vos relations avec la Fondation aujourd’hui ?

Maxime : Nous essayons de maintenir un lien régulier avec la Fondation UCA parce qu’elle nous a toujours apporté beaucoup. Nous travaillons avec le président de la Fondation qui nous fait bénéficier de ses contacts pour que nous puissions nouer des relations avec l’université et d’autres entreprises. Nous avons beaucoup à faire encore avec la Fondation. Eric Dumetz nous incite à innover toujours plus en développant des collaborations, des partenariats avec des chercheurs, des entreprises. Aujourd’hui, nous cherchons à tester nos produits dans des conditions réelles d’utilisation afin de sortir de nouvelles versions validées, améliorées en fonction du retour des utilisateurs. Par exemple, si demain nous nouons un partenariat avec Université Côte d’Azur, nous pourrons améliorer notre produit en fonction des contraintes des étudiants. Nous aimerions également développer, via la Fondation, nos collaborations avec les entreprises locales, les grands groupes de la région. On ne réussit pas seul ! La ville de Cannes et la Région Sud nous accompagnent beaucoup aussi et soutiennent nos actions dès qu’ils le peuvent. C’est vraiment important.

O’Sol aujourd’hui ?

Aujourd’hui, nous sommes cinq collaborateurs. Nous venons de conclure une première levée de fonds avec le fonds We Sprint, des Business Angels et la BPI qui sont entrés au capital. Cette levée de fonds est destinée au développement de la partie commerciale et de R&D et au financement de trois embauches. Nous cherchons à développer des POC (étape de validation concrète dans la mise en place d’un nouveau projet) avec des groupes innovants qui veulent optimiser leurs espaces de travail, des hôtels de luxe qui cherchent à offrir une qualité de service élevée, surtout ceux qui ont une clientèle professionnelle. L’idée est de démontrer la faisabilité de nos solutions, de leur proposer un service que nous pourrons étoffer par la suite.

Photographie : (c) DR

Découvrez également dans la thématique
Les Lions au service des étudiants et étudiantes de Université Côte d’Azur : financement de trois bourses Égalité des Chances supplémentaires
Interview de Franck Cadoret, Directeur Général de Canal+ France et Vivendi, partenaires de la chaire Talent Unlimited
Rencontre avec un grand donateur de la Fondation UCA
Rencontre avec Banijay, partenaire fondateur de la chaire « Content Creatives Incubator »