Entretien avec Michel GSCHWIND, Président du groupe ARFITEC, membre fondateur de la Fondation UCA

Membre fondateur de la Fondation UCA depuis sa création, Michel Gschwind est président du groupe ARFITEC, entreprise grassoise créée en 1998. ARFITEC est aujourd’hui leader dans le domaine de la nébulisation, une technologie développée en partie par le centre de recherche IMRA Europe de Sophia-Antipolis. En recherche permanente de nouvelles solutions innovantes, l’entreprise grassoise se démarque par une vision stratégique de développement pérenne intégré au tissu social de son territoire.

Vous êtes membre fondateur de la Fondation UCA depuis sa création. Pourquoi cet intérêt immédiat ?

La Fondation UCA initie et multiplie les interactions entre la recherche académique et les entreprises et j’ai toujours été très sensible à l’intérêt qu’il y avait à créer des passerelles entre la recherche institutionnelle et le privé, sans aucun doute parce que je suis à l’origine un chercheur en sciences appliquées. L’école des Mines de Paris, où j’ai fait mon doctorat, comme le centre de recherche de l’IMRA Europe de Sophia-Antipolis pour lequel j’ai travaillé pendant neuf ans fonctionnaient sur une mixité privé-public de la recherche. Quand j’ai créé ARECO, la première marque du groupe ARFITEC, j’ai gardé cet esprit : nous avons tout de suite travaillé sur des projets qui incluaient la dimension institutionnelle de la recherche. Je suis convaincu qu’une PME a tout intérêt à s’investir pleinement dans une fondation universitaire car elle retirera toujours quelque chose des rencontres que l’institution favorise, souvent de l’inattendu qui débouchera un jour ou l’autre sur des opportunités d’affaires. C’est dans la collaboration en amont avec des chercheurs qui travaillent sur des sujets pointus, dans la confrontation de la recherche scientifique de fond avec des entrepreneurs comme moi, que de nouvelles idées peuvent émerger. Stratégiquement, c’est intéressant pour une PME d’être en contact avec l’université, avec des chercheurs plus académiques, car en confrontant nos problématiques d’affaires à plus ou moins court terme avec la réflexion à moyen/long terme propre aux chercheurs, nous pouvons trouver des solutions innovantes auxquelles nous n’aurions pas pensé. La rencontre des deux mondes, entrepreneurial et académique, est profitable pour les deux parties prenantes. Les contacts que nous nouons via la Fondation UCA avec l’IMREDD ou les laboratoires universitaires de recherche fondamentale participent à la construction de notre vision stratégique à moyen et à long terme tout simplement parce que nous venons discuter avec des chercheurs qui n’ont pas les mêmes échéances que nous et qui disposent donc d’un recul que nous ne pouvons pas toujours avoir.

Vous avez développé, depuis 2011, une politique RSE ambitieuse. Votre engagement au sein de la Fondation est-elle partie intégrante de cette politique ?

Pour notre taille, nous sommes une entreprise pionnière dans le domaine de la RSE, tout comme le territoire de Grasse d’ailleurs au sein duquel une douzaine d’entreprises se sont investies dès 2012 dans une réflexion de long terme. Parce que nous avons la volonté de rendre ce qui nous a été donné, nous avons à cœur d’être actifs sur le plan local, notamment, dans des réseaux altruistes qui favorisent le développement économique et social local du territoire. Nous sommes engagés entre autres dans le Réseau Entreprendre et dans le Club des Entrepreneurs que je préside. L’ouverture aux autres, le partage d’expériences sont des sources d’enrichissement permanent pour une entreprise quel que soit l’angle sous lequel on se place : la recherche ou l’action sociétale. Grâce à cette démarche volontaire d’ouverture, nous améliorons notre façon de travailler, la motivation de nos salariés, la marque employeur, autant de bénéfices indirects positifs. Être une des parties prenantes de la Fondation UCA appartient à cette démarche d’ensemble, plus particulièrement quand nous participons aux actions que la Fondation met en place pour favoriser les projets entrepreneuriaux des jeunes pousses, étudiants ou chercheurs.

Comment voyez-vous votre collaboration avec la Fondation UCA dans les années à venir ?

Nous sommes appelés à la développer.  Notre équipe R&D est déjà bien sûr très concernée par cette collaboration parce qu’elle participe à certaines des réunions avec les chercheurs universitaires. Mais nous devrions intensifier cette démarche et sans aucun doute solliciter davantage la Fondation pour qu’elle nous mette en lien avec l’ensemble des compétences universitaires, et pas seulement celles qui appartiennent au domaine purement scientifique ou technologique. Aujourd’hui, tout passe essentiellement par moi, mais j’aimerais que cette habitude d’interagir avec l’université se diffuse dans tous les services de l’entreprise. L’idée serait qu’une dizaine de personnes de notre groupe soient en contact direct avec l’université sur des sujets divers : le droit, la santé, la sociologie, l’économie… Être en relation avec l’université de médecine pourrait être précieux pour une entreprise, en ce moment plus particulièrement. Les enjeux contractuels d’une entreprise, les modes de financement novateurs sont autant de sujets sur lesquels une collaboration pluridisciplinaire avec Université Côte d’Azur peut être fructueuse. Nous avons beaucoup à faire encore, mais l’objectif est bien de consolider nos relations avec l’université via la Fondation. Rencontrer des chercheurs, collaborer avec l’université motivent aujourd’hui l’équipe R&D, à l’avenir l’ensemble des services de l’entreprise devrait s’inscrire dans cette dynamique. Le grand intérêt de la Fondation UCA est d’offrir aux entreprises la possibilité de rencontrer l’ensemble des disciplines universitaires, de leur donner l’opportunité de collaborations transdisciplinaires fructueuses.

Photographie : (c) Droits réservés

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