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Première édition du Content Creative Incubator : concevoir l’émission audiovisuelle de demain

Rencontre avec trois jeunes créatifs du programme, Chérine Bahlar, Noam Yaron et Juliette Armeni-Ripari.

Université Côte d’Azur, la Fondation UCA, Banijay, le leader mondial de la production en télévision et la mairie de Cannes, dans le cadre de son programme « Cannes On Air », se sont associés pour créer et financer un concept inédit de chaire dont la vocation est de proposer chaque année une formation intensive sur le thème de la « création de l’émission audiovisuelle de demain » à une sélection d’étudiants et de jeunes diplômés.

La première édition du « Content Creative Incubator » s’est tenue du 12 octobre au 30 octobre. Via le réseau des grandes écoles partenaires du projet, Sciences Po, la Chaire Media de la Sorbonne, SKEMA, l’ESSEC, HEC et de UCA, les quinze résidents de cette première session ont été sélectionnés sur la créativité des projets qu’ils avaient soumis au comité d’admission.

Accompagnés par les spécialistes de l’audiovisuel de Banijay et des experts en design thinking, les résidents ont eu trois semaines pour imaginer de nouveaux programmes audiovisuels. Les jeunes créatifs ont suivi un programme de Masterclasses conduites par de grands noms de l’audiovisuel : Marco Bassetti, CEO de Banijay, Francesco D’Onghia, directeur de l’Open Innovation Unit, Lucie Cabourdin, fondatrice de la société Flammable et bénéficié du coaching de Almacube, Flammable et Samira Karrach de UCA pendant trois semaines. Le Mipcom, partenaire de la résidence, leur a offert un accès illimité à son édition.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Cherine : J’ai 23 ans, j’étudie à Paris au CELSA en Master II Média et Management.

Juliette : J’ai 23 ans et je suis en dernière année du Master MARRES, un des plus récents Master de Université Côte d’Azur. Un Master scientifique et international SKEMA & UCA. C’est un Master pluridisciplinaire qui réunit des étudiants du monde entier autour d’une thématique : la valorisation des ressources marines.

Noam : J’habite en Suisse, j’ai 22 ans, j’ai commencé ma carrière en tant que créateur de contenus sur YouTube. Au départ, mon but était de créer mes propres fictions et non pas d’en faire mon métier, ce qui est aujourd’hui le cas. Je suis devenu influenceur pour diverses marques du marché suisse tout en suivant un bachelor en communication et marketing et un brevet fédéral en relations de presse. Depuis la fin de mes études, j’ai fondé ma propre entreprise de production de contenus.

Pourquoi avez-vous souhaité participer à cette résidence ?

Chérine : Quand j’ai intégré le CELSA, j’avais déjà un attrait fort pour la télévision mais sans envisager le fait que mon passe-temps pouvait devenir une voie professionnelle. C’est pendant mes deux stages professionnels, en travaillant à la création de programmes chez Fremantle et à l’étude des tendances audiovisuelles pour M6 que  j’ai pris conscience que c’était cette voie là que je devais suivre. Quand une amie étudiante à Science Po m’a envoyé l’annonce du « Content Creative Incubator », j’ai eu immédiatement envie d’y participer. Le concours sélectif était assez libre mais nous devions choisir entre quatre thématiques qui servaient de cadre aux créations.

Juliette : Le lien avec le Master MARRES n’est pas évident à première vue. Mais, j’aime les nouvelles expériences et je suis particulièrement attirée par l’innovation et tous les concours et formations qui vont dans ce sens, ce qui est le cas du Content Creative Incubator. Il est ouvert à tous les étudiants quel que soit leur niveau de compétences dans l’audiovisuel avec l’objectif de les former à la création. Ce qui m’inspirait, c’était de travailler dans un domaine qui me permettrait à terme de contribuer à la vulgarisation de la science. A mon sens, nous avons besoin de créer de nouveaux ponts entre les sciences et le public. Du coup, il me semblait que cette résidence m’offrait cette opportunité.

Noam : L’aventure Banijay était pour moi une belle opportunité pour le côté cinéma, télévision, fiction que j’aime beaucoup.  Faute de moyens, c’est difficile de créer seul, surtout en Suisse où les possibilités sont réduites. La résidence était l’occasion parfaite d’observer tout ce qui se passe dans la création internationale.

Comment s’est passée cette résidence ?

Chérine : Nous étions 15 participants organisés en équipe de trois, selon les affinités que nos projets avaient laissé entrevoir. Nous aurions dû être à Cannes, mais covid oblige, nous étions tous sur Zoom ! Mais, en dépit des circonstances, les trois semaines ont été géniales. La première semaine, nous avons eu beaucoup de cours, d’interventions de producteurs de Banijay, de sa directrice du développement, des figures majeures du groupe. En parallèle, nous avions une accréditation pour le MIP qui nous permettait de suivre des conférences d’acteurs et actrices du monde audiovisuel. La deuxième semaine, nous avons commencé à aborder le processus créatif en travaillant par équipe. Les coachs et les experts de la formation nous encadraient vraiment en nous délivrant des méthodes de création, ce qui était pour moi totalement inédit. La troisième semaine, nous sommes entrés dans un processus de création à trois, un brainstorming mais toujours avec des points quotidiens avec les membres encadrants de la formation.

Juliette : Banijay nous a accueillis avec une bienveillance incroyable. Ils ont répondu à toutes mes questions, même si elles pouvaient paraître naïves, comme aux questions ultra pointues et parfois étranges des autres résidents. Bien sûr, nous avons eu des Masterclasses avec les collaborateurs de Banijay, mais nous avons eu aussi des interviews avec des personnalités incroyables : des intervenant de Netflix comme Lucy Leveugle, directrice des documentaires. Nous pouvions parler avec eux sans aucune barrière !

Noam : J’ai trouvé que cette formation était très riche en contenus et en partage d’expériences. Ce milieu est très inaccessible, surtout pour moi et là nous avons eu accès à des intervenants de grande qualité.  Nous avons ressenti leur passion. La partie networking était interessante, nous avons rencontré des chefs de département de Banijay, le CIO de Banijay aux Etats-Unis, autant d’interlocuteurs impossibles à rencontrer dans d’autres circonstances. L’accès au MIPTV nous a permis de dialoguer en direct avec le CIO de Netflix par exemple. J’ai beaucoup appris sur le milieu de la création audiovisuelle. Les cours sur la stratégie et la production m’ont donné l’envie d’orienter ma carrière vers ces deux spécialités.

Qu’est-ce qui vous particulièrement marqué ?

 Chérine : Tous les coachs m’ont marquée par leur grande bienveillance. Les cours de design thinking m’ont beaucoup intéressée, d’autant que je ne connaissais pas du tout cette discipline. Si je peux parler de mon coup de cœur personnel, j’ai été très impressionnée par Lucie Cabourdin, ses cours, son parcours professionnel. Une femme très inspirante !

Juliette : J’ai été conquise par ce nouvel univers dans son ensemble, mais ce qui m’a le plus marqué, c’est aussi la rencontre avec Lucie Cabourdin, ses cours sur l’idéation, la façon dont on crée une idée. Comme son cours n’était pas axé seulement sur la télévision, ce qu’elle nous a appris m’aide sur le plan scientifique. J’ai compris le mécanisme de surgissement d’une idée et c’est quelque chose qui continue à m’inspirer en permanence.

Noam : Deux femmes m’ont beaucoup marqué : Lucie Cabourdin pour la qualité de ses échanges, pour la richesse de ses contenus et Marie Schweitzer pour la partie stratégie qui m’a impressionné et inspiré. Je me verrais bien faire son métier. Et Edouard Minc de Banijay France, qui est juste incroyable ! Ce fut un vrai plaisir de travailler aussi avec notre coach, Samira Karrach qui a fait un travail extraordinaire avec nous.

Un mot sur le projet que vous avez proposé avec votre équipe ?

Chérine : Nous avons proposé un concours d’humoristes.  Des stars montantes de la scène comique française s’affrontent pour décrocher un contrat avec un producteur. En termes de création et de développement, ce n’est pas vers ce genre de contenus que je compte aller, mais c’était une bonne expérience dans le sens où j’ai dû sortir de ma zone de confort, m’ouvrir l’esprit.

Juliette : J’ai eu la chance de faire équipe avec Mathilde, 25 ans, diplômée de l’ESSEC, et aujourd’hui superviseuse éditoriale dans un studio d’animation, et de Marianne, diplômée HEC de 25 ans, chargée de la veille internationale chez Canal Plus. Toutes les trois, nous étions très complémentaires. Notre projet a gagné, c’est une grande fierté pour toutes les trois. Nous voulions un projet qui touche tout le monde et qui apporte quelque chose de positif. « The Good House » est un show télévisé inédit durant lequel huit binômes désireux de changer de vie entrent en compétition.

Noam : J’ai travaillé avec Alexandre, un étudiant brésilien en communication de Université Côte d’Azur et Sarah, étudiante en psychologie. Nous avions des profils très différents et complémentaires. Le côté profondément humain de Sarah nous a aidé à démocratiser notre projet, à le rendre accessible à tous. Alexandre, très créatif et bouillonnant d’idées, nous a poussés en avant. Quant à moi, j’étais plus sur la stratégie, le développement de projet, le financement. J’étais très heureux d’investir mon expérience dans ce domaine. Chacun d’entre nous a apporté sa passion à ce projet que nous avons été fiers de présenter et qui a été très bien accueilli par Banijay.

Au bout du compte, quel bilan faites-vous de cette expérience, qu’allez-vous en retirer ?

Chérine : D’abord, le fait d’avoir participé à cette résidence, d’avoir eu la chance de suivre des Masterclasses avec les plus grands noms de l’audiovisuel est une belle ligne sur mon CV. Mais, le plus important pour moi est que cette résidence m’a permis de confirmer et d’infirmer certains choix professionnels, de préciser mon projet. Et puis, j’ai eu la chance de rencontrer quatorze personnes hyper talentueuses que je peux potentiellement revoir dans ma vie professionnelle. Pour le réseau, c’est génial. Un réseau de pairs et de contacts dans le milieu, c’est précieux.

Juliette : Pour mes deux camarades, cette résidence a un vrai enjeu professionnel parce que les contacts que nous avons noués durant ces trois semaines peuvent changer leurs carrières. Pour elles, c’est une super opportunité, peut-être la possibilité à terme d’obtenir des CDI dans un milieu difficile d’accès. Quant à moi, j’aimerais bien faire un stage chez Banijay pour mieux découvrir ce milieu, peut-être pour travailler une nouvelle voie pour la transmission de la science, pour la valorisation des ressources marines. Quoi qu’il en soit, je suis certaine que cette résidence va m’aider dans ma vie professionnelle, même si je ne suis pas destinée à créer des shows pour la télévision.

Noam : Banijay est un groupe dont le professionnalisme m’a impressionné. Toutes les responsables collaborent à travers le monde de manière très organisée et c’est vrai que j’aimerais beaucoup travailler dans ce groupe. La résidence m’a permis de prendre contact avec des professionnels, une immense opportunité pour moi. Je ne crois pas qu’il y ait quelque part une autre formation qui puisse proposer ce que nous avons vécu pendant ces trois semaines de résidence.

Le vendredi 30 octobre, les quinze résidents de cette première édition ont présenté leur projet de création audiovisuelle devant un jury composé de Gérard Louvin, Philippe Chazal François de Brugada, Marie Schweitzer et Alexia Laroche-Joubert. Le jury a plébiscité le projet « The Good House » imaginé par Juliette Armeni-Ripari, étudiante de Université Côte d’Azur, Mathilde Wolf et Marianne Longatte, diplômées respectivement de l’ESSEC et HEC.

Photographie : (c) DR

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