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Rencontre avec Banijay, partenaire fondateur de la chaire « Content Creatives Incubator »

Entretien avec Marie Schweitzer, Directrice de la Stratégie et du Business Development Banijay Group et Edouard Minc, Directeur Corporate Business Affairs Group et Directeur du Business Development France de Banijay.

Banijay, société française, leader mondial de la production audiovisuelle, Université Côte d’Azur, la Fondation UCA et la mairie de Cannes, dans le cadre de son programme « Cannes On Air », se sont associés pour concevoir, financer et animer la chaire « Content Creatives Incubator » , un concept inédit dont la vocation est de proposer chaque année une formation professionnelle intensive sur le thème de la « création de l’émission audiovisuelle de demain » à une sélection d’étudiants et de jeunes diplômés. La première édition du « Content Creatives Incubator » s’est tenue du 12 octobre au 30 octobre 2020, la seconde se déroulera à l’automne 2021.

Pouvez-vous nous présenter en quelques mots Banijay ?

Marie Schweizer : Nous sommes le leader international de la production et de la distribution de contenus. Nous sommes présents dans vingt-deux territoires, nous avons un peu plus de cent-vingt sociétés de production et un catalogue de près de 100 000 heures de programme. En France, nous sommes leader avec les sociétés de Nagui, Cyril Hanouna, ALP qui produit Koh-Lanta, Fort Boyard, Banijay Production France, Endemol France.

Pouvez-vous revenir sur la genèse, les enjeux, les objectifs de la chaire ?

Edouard Minc : La chaire est née d’une rencontre entre le maire de Cannes, David Lisnard, le président de Banijay, Stéphane Courbit et notre CEO Marco Bassetti, il y a un an et demi. L’objectif était de se rejoindre sur une initiative commune qui correspondait aux projets du maire de Cannes : développer sa ville pour en faire un pôle de création de contenus, faire de Cannes une ville qui ne soit plus uniquement liée au Festival et aux marchés. Notre ambition était à la fois d’accompagner ce projet et de rendre notre métier plus visible. Beaucoup de choses existent sur l’audiovisuel, mais peu sur notre cœur de métier qui est la création de formats. Il y beaucoup de formations sur le documentaire, sur le patrimonial, sur la fiction, d’ailleurs il y a une très belle initiative pour les scénaristes entre Vivendi, la mairie de Cannes et Université Côte d’Azur, mais peu sur notre métier qui est pourtant au centre de l’évolution du secteur audiovisuel. Banijay développe des formats, en crée, en produit, en achète, les fait circuler. La créativité est la racine, l’assise de notre métier que nous voulons promouvoir à travers cette chaire. Nous voulons dire aux jeunes que c’est un métier formidable, en pleine croissance, que c’est un métier international. L’enjeu est aussi de former de nouveaux talents, de les repérer et de les attirer vers notre secteur. Nos objectifs rejoignaient la volonté de Cannes et d’Université Côte d’Azur, notamment avec son nouveau campus cannois, d’aller un cran plus loin sur ce secteur. Ensemble, nous avons conçu une formation professionnelle ouverte à tous, aux étudiants qu’ils soient proches du secteur ou non, aux jeunes professionnels de tous horizons car notre métier est avant tout un métier de passion.

M.S : Banijay a un rapport très fort et particulier avec Cannes qui est vraiment la ville de la télévision. Nous allons chaque année au MIP TV et au MIP COM en avril et octobre. Le partenariat avec Université Côte d’Azur est le prolongement de cette relation particulière avec Cannes qui nous donnait aussi l’opportunité de lier le MIP et la résidence. Les participants ont pu appréhender ce qu’est ce grand marché qui est unique pour notre métier car tous les professionnels s’y rencontrent. Ils ont pu échanger avec beaucoup d’entre eux, assister à des conférences en ligne. Nous sommes toujours très preneurs de partenariats avec des universités ou des grandes écoles car il n’existe aucune formation pour nos métiers. Toutes les passerelles qui peuvent permettre de créer des formations dédiées ou de faire connaître nos métiers, d’inciter des jeunes à se former aux spécificités de notre secteur, de dénicher des talents sont les bienvenues.

Quel bilan faites-vous de la première édition du « Content Creatives Incubator » ?

M.S : Cette expérience a été remarquable pour nous, bien au-delà de ce à quoi nous nous attendions. Nous étions plusieurs intervenants Banijay à donner des cours pendant cette première édition, chacun dans son domaine de compétences, et nous en avons tous retiré beaucoup d’enthousiasme. Nous avons eu des étudiants passionnés, impliqués. C’était vraiment formidable de partager cela. Quand nous sommes arrivés dans ce secteur, aucun d’entre nous n’avait de formation spécifique pour ce domaine, nous n’en avions pas forcément les clefs. Nous avons vécu cette formation comme l’opportunité de partager notre expérience, nous avons voulu qu’elle soit un accélérateur pour nos résidents. Pour nous, les retours sont très positifs à titre professionnel car nous avons rencontré des jeunes talentueux et à titre personnel car nous avons pu transmettre notre passion du métier.

E.M : Tous ceux qui ont participé à la chaire, qui lui ont donné du temps, parfois beaucoup car développer un cours demande des heures de préparation, ont eu des retours très positifs. C’est très rare des projets uniquement dédiés à notre métier. Nous avons mis en place quelque chose qui n’existe pas ailleurs avec des intervenants qu’il est extrêmement difficile de rencontrer dans une vie professionnelle. Il faut habituellement entre dix et vingt ans de carrière pour avoir l’opportunité d’échanger avec ces grands professionnels de la télévision pendant une heure. Le terme de Marie est juste, la résidence est un accélérateur qui a fonctionné pour les étudiants et pour nous.

A l’issue de la résidence de trois semaines, chacune des cinq équipes de trois étudiants a présenté le concept d’émission qu’ils ont créé ensemble devant un jury de professionnels. Quel avenir pour ce concept gagnant et ses trois créatrices ?

E.M : Le premier point est que, pour les quinze participants, la résidence est une formation qualifiante qui a une valeur réelle dans leurs parcours scolaires et professionnels parce qu’il fallait avoir été sélectionné pour y participer et parce qu’ils pourront se prévaloir de l’expérience acquise pendant ces trois semaines. En ce qui concerne les gagnants, l’objectif était de pouvoir les intégrer au sein de notre équipe Banijay en stage ou en CDD. L’une des gagnantes a commencé un CDD il y a quelques jours chez ALP et nous allons organiser l’intégration en stage ou en CDD des deux autres gagnantes à partir de cet été.

M.S : Nous avons été bluffés par la qualité des sujets qu’ils nous ont proposés, par l’intensité de leur investissement et le travail qu’ils ont tous fourni. Le projet gagnant est un très bon projet, mais le développement d’un concept nécessite beaucoup de travail. Entre le concept de départ et la vente du contenu, le chemin est long et le taux de transformation dans notre métier est malheureusement très faible. Les résidents nous ont proposé quelques projets qui mériteraient d’être poussés.

E.M : Le projet gagnant tourne autour de l’écologie. Une autre équipe nous a proposé une compétition dans l’espace, un projet fou, infaisable mais très malin et vraiment bien présenté. Un beau sujet de mémoire ! Nous avons eu un concept plus axé sur l’humour… Tous étaient intéressants. Dans notre métier, nous pouvons travailler sur une vingtaine de projets pour n’en vendre qu’un. C’est une forme de R&D intellectuelle et conceptuelle. Des concepts qui n’aboutiront pas nourrissent notre réflexion. Nous avons constaté que les équipes qui avaient proposé les meilleurs sujets étaient celles qui avaient su faire table rase du concept que chacun des membres avait proposé lors du concours de recrutement.

Vous êtes en train de préparer l’édition 2021. Quelles seront les évolutions ?

E.M : Nous allons internationaliser beaucoup plus cette formation. Nous avions cette année douze Français et trois étrangers francophones. Comme Banijay est un groupe international, que nous sommes présents notamment sur tous les marchés européens, nous aimerions que la chaire et le recrutement des jeunes soient à l’image du groupe. Globalement, l’enjeu stratégique de cette nouvelle édition est d’avoir un rayonnement européen, via notamment des universités européennes partenaires d’Université Côte d’Azur.

La Fondation UCA héberge la chaire. Quelle vision avez-vous de la Fondation ?

M.S : C’est un partenaire formidable qui a vraiment facilité notre travail. On a tendance à avoir la vision d’une université qui serait une grosse machine administrative un peu rigide et lente. Bien au contraire, tout au long de cette collaboration, nous avons trouvé beaucoup d’agilité, un vrai intérêt pour notre métier et l’envie de faire une formation très qualifiante. L’échange entre l’université, la mairie de Cannes et Banijay a été facile et fluide. C’était très agréable, nous nous sommes dit que nous profitions du meilleur de l’université et je pense que la structure de la Fondation partenariale y est pour beaucoup. Elle apporte de la souplesse. L’équipe de la fondation a facilité l’organisation de la formation, nous avons travaillé main dans la main avec elle pour faire un projet sur-mesure. La Fondation nous présenté plusieurs options et nous avons opté pour la voie la plus difficile, c’est à dire de créer un programme de toutes pièces, ce qui n’aurait pas été possible avec un autre partenaire.

Photographie : (c) DR

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